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Au secours, je suis enceinte!
Date 2011-01-14 | Views  84191

Au secours, je suis enceinte!

 

 

Catastrophe ?

Déception ?

Dérangement ?

Angoisse ?

Sentiment d’incapacité ?

Que faire de cette grossesse ? (on pense d’abord « grossesse » avant de penser « bébé, enfant, personne »)

Que faire de cet imprévu, ce  « gêneur » qui empêcherait ses parents d’être libres ?

Comment a-t-elle pu survenir, alors qu’on « avait pris tous les moyens »?

Nous parents, serions-nous jugés légers et irresponsable ? « Quand même, ils auraient pu faire attention ! »

Nous n’avons pas encore l’appartement adéquat.

Madame de peut pas arrêter de travailler pour le moment.

Nous n’avons pas encore assez profité de notre vie à deux.

J’ai peur de ne pas savoir faire, de ne pas assurer.

Notre couple va-t-il résister ?

Et puis les cris, l’allaitement, la fatigue …

Est-ce qu’on va arriver à « gérer » ?

Saurons-nous l’éduquer ?

Que vont dire nos parents ?

Maman a été si autoritaire avec moi, saurai-je faire autrement ?

Je manque de repères…

Quels sens donner à cet imprévu qui bouscule le couple ?

Et Dieu dans tout cela : est-il le grand absent ? Nous aurait-il abandonnés, joué un tour ?

Cet enfant, « non désiré » ou si attendu qu’on ne l’attendait plus, est-il le fruit du hasard ou de la Providence ?

 

La maîtrise de la vie n’est pas telle que l’on puisse obtenir l’enfant de son désir quand on le désire et nous constatons souvent, hélas, à quel excès peut conduire cette foi aveugle dans la technique. L’apparente illusion que nous pourrions être totalement « maitres et responsables de la vie » – transmettre la vie qu’avons nous-mêmes reçus quand on veut, comme on veut – nous fait parfois oublier de faire confiance en Dieu. Or, Il est une citadelle au jour de la détresse. Il connaît ceux qui se confient en lui même quand survient l'inondation (Nahum 1, 7-8). Cette manque de confiance détruit en nous la capacité indispensable d’accueillir l’imprévu tel qu’il est et de « l’adopter jour après jour ». La fécondité n’est-elle pas fruit de l’amour ? L’enfant, témoin de la relation d’amour entre ses parents ?

 

Si la providence divine nous comble de ce don imprévu sans notre consentement malgré avoir pris tous les moyens naturels de contraception pour éviter une grossesse indésirable, nous devons plutôt s’estimer heureux. Car la manifestation de cette vie imprévue est un signe de la présence de Dieu dans notre vie et promesse de bonheur. Dieu, dans sa providence toute-puissante, peut tirer un bien des conséquences qu’on croit irresponsables et irrespectueuses de notre fertilité naturelle. Là où est l’enfant, là est la joie, le bonheur, la simplicité, la tendresse, le partage, l’expérience de la vulnérabilité.

 

Bien sûr, la venue d’un enfant est exigeant en présence, soins, attention, écoute, bon sens, dynamisme, don de soi. Mais tout cela, nous l’avons reçu en « cadeau de mariage » par notre Créateur, qui sait bien ce dont nous avons besoin pour élever nos petits. Il nous donne et nous redonne, ce dont nous avons besoin, dès que nous le lui réclamons : la patience, la force, l’autorité juste, l’assurance, la persévérance, les appuis nécessaires en Église ou dans le monde associatif et professionnel, etc. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous le lui demandez » (Mt 6, 8).

 

Dieu, qui nous donne la vie, ne peut pas ne pas nous donner la nourriture nécessaire à la vie, tous les biens "convenables", matériels et spirituels. Du plus, Il ne peut pas ne pas nous rendre capable, entre époux, de cet amour conjugal qui « assure » nos enfants, les solidifie, les sécurise pour la vie entière, quelle que soient les difficultés ou les épreuves à affronter. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus insiste sur cette confiance filiale qui coopère à la Providence de notre Père (cf. Mt 6,25-34). Il ne nous engage à aucune passivité (cf. 2Th 3,6-13) mais veut nous libérer de toute inquiétude entretenue et de toute préoccupation. Tel est l'abandon filial des enfants de Dieu: à ceux qui cherchent le Royaume et la justice de Dieu, il promet de donner tout par surcroît. Tout en effet appartient à Dieu: à celui qui possède Dieu, rien ne manque, si lui-même ne manque pas à Dieu (S. Cyprien, Dom. orat. 21).

 

Être généreux dans notre  fécondité charnelle, rester ouverts de façon responsable et respectueuse de notre fertilité naturelle, exige parfois de renoncer à notre toute-puissance : pour un plus grand bonheur.

 

Source de méditation:

"il est vivant !" N°258/264 Pg 10

Pedro, Yaounde.   

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