Au secours, je suis enceinte!
Au secours, je suis enceinte!
Catastrophe ?
Déception ?
Dérangement ?
Angoisse ?
Sentiment
d’incapacité ?
Que faire de
cette grossesse ? (on pense d’abord « grossesse » avant de
penser « bébé, enfant, personne »)
Que faire de
cet imprévu, ce « gêneur » qui
empêcherait ses parents d’être libres ?
Comment
a-t-elle pu survenir, alors qu’on « avait pris tous les
moyens »?
Nous parents,
serions-nous jugés légers et irresponsable ? « Quand même, ils
auraient pu faire attention ! »
Nous n’avons
pas encore l’appartement adéquat.
Madame de peut
pas arrêter de travailler pour le moment.
Nous n’avons
pas encore assez profité de notre vie à deux.
J’ai peur de ne
pas savoir faire, de ne pas assurer.
Notre couple
va-t-il résister ?
Et puis les
cris, l’allaitement, la fatigue …
Est-ce qu’on va
arriver à « gérer » ?
Saurons-nous
l’éduquer ?
Que vont dire
nos parents ?
Maman a été si
autoritaire avec moi, saurai-je faire autrement ?
Je manque de
repères…
Quels sens
donner à cet imprévu qui bouscule le couple ?
Et Dieu dans
tout cela : est-il le grand absent ? Nous aurait-il abandonnés, joué
un tour ?
Cet enfant,
« non désiré » ou si attendu qu’on ne l’attendait plus, est-il le
fruit du hasard ou de la Providence ?
La maîtrise de
la vie n’est pas telle que l’on puisse obtenir l’enfant de son désir quand on
le désire et nous constatons souvent, hélas, à quel excès peut conduire cette
foi aveugle dans la technique. L’apparente illusion que nous pourrions être
totalement « maitres et responsables de la vie » – transmettre la vie
qu’avons nous-mêmes reçus quand on veut, comme on veut – nous fait parfois
oublier de faire confiance en Dieu. Or, Il est une citadelle au jour de la
détresse. Il connaît ceux qui se confient en lui même quand survient
l'inondation (Nahum 1, 7-8). Cette manque de confiance détruit en nous la
capacité indispensable d’accueillir l’imprévu tel qu’il est et de
« l’adopter jour après jour ». La fécondité n’est-elle pas fruit de
l’amour ? L’enfant, témoin de la relation d’amour entre ses parents ?
Si la providence
divine nous comble de ce don imprévu sans notre consentement malgré avoir pris
tous les moyens naturels de contraception pour éviter une grossesse
indésirable, nous devons plutôt s’estimer heureux. Car la manifestation de
cette vie imprévue est un signe de la présence de Dieu dans notre vie et
promesse de bonheur. Dieu, dans sa providence toute-puissante, peut tirer
un bien des conséquences qu’on croit irresponsables et irrespectueuses de notre
fertilité naturelle. Là où est l’enfant, là est la joie, le bonheur, la
simplicité, la tendresse, le partage, l’expérience de la vulnérabilité.
Bien sûr, la
venue d’un enfant est exigeant en présence, soins, attention, écoute, bon sens,
dynamisme, don de soi. Mais tout cela, nous l’avons reçu en « cadeau de
mariage » par notre Créateur, qui sait bien ce dont nous avons besoin
pour élever nos petits. Il nous donne et nous redonne, ce dont nous avons
besoin, dès que nous le lui réclamons : la patience, la force, l’autorité
juste, l’assurance, la persévérance, les appuis nécessaires en Église ou dans
le monde associatif et professionnel, etc. « Votre Père sait de quoi vous
avez besoin, avant même que vous le lui demandez » (Mt 6, 8).
Dieu, qui nous
donne la vie, ne peut pas ne pas nous donner la nourriture nécessaire à la vie,
tous les biens "convenables", matériels et spirituels. Du plus, Il ne
peut pas ne pas nous rendre capable, entre époux, de cet amour conjugal qui
« assure » nos enfants, les solidifie, les sécurise pour la vie
entière, quelle que soient les difficultés ou les épreuves à affronter. Dans le
Sermon sur la montagne, Jésus insiste sur cette confiance filiale qui coopère à
la Providence de notre Père (cf. Mt 6,25-34). Il ne nous engage à aucune
passivité (cf. 2Th 3,6-13) mais veut nous libérer de toute inquiétude
entretenue et de toute préoccupation. Tel est l'abandon filial des enfants de
Dieu: à ceux qui cherchent le Royaume et la justice de Dieu, il promet de
donner tout par surcroît. Tout en effet appartient à Dieu: à celui qui possède
Dieu, rien ne manque, si lui-même ne manque pas à Dieu (S. Cyprien, Dom. orat.
21).
Être généreux
dans notre fécondité charnelle, rester
ouverts de façon responsable et respectueuse de notre fertilité naturelle,
exige parfois de renoncer à notre toute-puissance : pour un plus grand
bonheur.
Source de méditation:
"il est vivant !" N°258/264 Pg 10
Pedro, Yaounde.
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